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Réglementation · Convention collective

Vacation minimale de 6 heures : ce qui change depuis juillet 2026

Le plancher conventionnel est passé de quatre à six heures. Voici ce que dit exactement le texte, comment se calcule la rémunération en cas de coupure, qui est concerné et ce qu’il faut vérifier auprès d’un prestataire.

Avenant du 3 septembre 2025Arrêté du 27 mai 2026En vigueur au 1er juillet 2026IDCC 1351

1Ce que dit la règle

Depuis le 1er juillet 2026, aucune vacation ne peut être planifiée ni rémunérée pour moins de six heures dans la branche de la prévention et de la sécurité. Le plancher, qui était de quatre heures depuis 2021, a été relevé par un avenant de branche étendu à toutes les entreprises.

LES TROIS TEXTES À CONNAÎTREAccord du 1er avril 2021instaure un plancher de 4 heures par période de travailAvenant n° 2 du 3 septembre 2025porte ce plancher à 6 heures et crée l’article 7.12Arrêté du 27 mai 2026étend l’avenant à toute la branche, publié au JO du 5 juinEntrée en vigueur1er juillet 2026, premier jour du mois suivant la publicationL’avenant n° 2 annule et remplace un premier avenant du 26 novembre 2024, dont la rédaction prêtait à interprétation.

Un accord de branche ne s’impose en principe qu’aux entreprises adhérentes des organisations signataires. L’arrêté d’extension change cela : depuis sa publication, la règle vaut pour tous les employeurs du champ conventionnel, signataires ou non.

Une confusion fréquente sur la date

Plusieurs publications annoncent une application au 1er mars 2026, d’autres évoquent un plancher de quatre heures maintenu pour les temps partiels. Ces informations sont inexactes. L’avenant prévoit sa propre entrée en vigueur au premier jour du mois suivant la publication de l’arrêté d’extension, soit le 1er juillet 2026, et le plancher de six heures ne distingue pas selon la durée du contrat.

2Comment se calcule la rémunération

PÉRIODE DE TRAVAIL OU AMPLITUDE : LA DISTINCTION QUI CHANGE TOUTCoupure de 2 heures ou moinsles deux temps comptent pour une seule période de travailCoupure de plus de 2 heureson bascule sur l’amplitude, du début du premier poste à la fin du dernierDans les deux casla rémunération ne peut être inférieure à 6 heuresPlafonds inchangésamplitude 13 h, durée quotidienne 12 h, repos 11 hC’est la durée de la coupure qui détermine la base de calcul, pas le nombre de postes.

La période de travail

C’est le temps continu entre la prise de poste et la fin de poste. Lorsqu’un agent enchaîne deux temps de travail séparés par une coupure non rémunérée inférieure ou égale à deux heures, l’ensemble compte pour une seule période. Elle est rémunérée selon le temps effectif, avec un minimum de six heures.

L’amplitude de travail

Elle entre en jeu dès que la coupure non rémunérée dépasse deux heures. La rémunération se calcule alors sur l’amplitude — du début du premier poste à la fin du dernier — et cette amplitude ne peut pas non plus être payée moins de six heures.

Cinq situations concrètes

  • Poste de 6 h à 9 h, sans coupure. Trois heures effectives, période inférieure au plancher : six heures rémunérées.
  • Poste de 8 h à 9 h puis de 10 h 30 à 11 h 30. Coupure d’une heure trente, donc une seule période : six heures rémunérées.
  • Poste de 8 h à 10 h puis de 13 h à 17 h. Coupure de trois heures : on bascule sur l’amplitude, de 8 h à 17 h. Six heures effectives, panier dû.
  • Poste de 9 h à 10 h puis de 12 h 30 à 14 h. Coupure supérieure à deux heures, amplitude inférieure à six heures : six heures rémunérées.
  • Poste de 8 h à 12 h puis de 13 h à 17 h. Coupure d’une heure, huit heures effectives : rémunération au réel, panier dû.
Le point qui change le plus les plannings. Ce n’est pas le plancher lui-même, mais la règle des deux heures de coupure. Elle détermine si l’on rémunère la période ou l’amplitude — et sur une journée à deux vacations, l’écart est considérable.

3Qui est concerné

QUI EST CONCERNÉ, QUI NE L’EST PASConcernésagents d’exploitation et agents de maîtrise, quel que soit l’effectifCadres et administratifsseulement s’ils sont affectés à des fonctions en lien directExclusastreinte, sûreté aéroportuaire (annexe VIII), temps partiel thérapeutiqueHors dispositifvisites médicales, formation, réunions, heures de mandatLa sûreté aéroportuaire disposait déjà de son propre régime à 6 heures.

Le texte vise les agents d’exploitation et les agents de maîtrise, dans toutes les entreprises du champ, y compris celles de moins de cinquante salariés. Les ingénieurs, cadres et personnels administratifs ne sont concernés que s’ils exercent des fonctions en lien direct avec la protection des biens et des personnes sur les sites.

Ce qui reste en dehors

Les périodes d’astreinte ne relèvent pas du dispositif. La sûreté aérienne et aéroportuaire non plus : elle disposait déjà de son propre régime à six heures. Les vacations courtes résultant d’un temps partiel thérapeutique restent possibles, de même que les visites médicales, les temps de formation, les réunions collectives et les heures de mandat de représentation, qui ne constituent ni une période ni une amplitude de travail.

4L’indemnité de panier

L’avenant réécrit également l’article 6 de l’annexe IV. L’indemnité conventionnelle de panier est désormais due au salarié qui effectue six heures de travail effectif, continues ou discontinues, dans la même journée.

Ce qui ouvre droit au panier
  • Six heures réellement travaillées, en continu ou en deux fois
  • Une seule indemnité par journée, même sur une vacation de douze heures
Ce qui n’y ouvre pas droit
  • Six heures rémunérées au titre du plancher mais non travaillées
  • Une vacation de trois heures payée six heures

La nuance est importante en paie : ce sont les heures réellement exécutées qui comptent, pas les heures rémunérées au titre du minimum conventionnel.

5La dérogation par accord d’entreprise

Un point passe souvent inaperçu. L’avenant précise que ce minimum s’applique « en l’absence d’accord d’entreprise », conformément à l’article L. 2253-3 du code du travail.

La durée minimale d’une période de travail relève en effet du domaine où l’accord d’entreprise prime sur celui de branche. Une entreprise peut donc y déroger par accord, y compris dans un sens moins favorable — à condition que l’accord soit valablement conclu et déposé, qu’il porte sur le même objet, et qu’il respecte les planchers d’ordre public : repos quotidien de onze heures, amplitude maximale de treize heures, durée quotidienne de travail effectif de douze heures.

En l’absence d’un tel accord, c’est le minimum de branche de six heures qui s’applique.

Ce que cela signifie pour un donneur d’ordre. Une entreprise qui propose des vacations de trois heures facturées trois heures est soit couverte par un accord d’entreprise, soit en infraction. Cette question mérite d’être posée avant de signer.

6Ce que cela change en pratique

La logique du texte est de sécuriser le revenu des agents et de limiter les vacations très courtes. Les effets sur l’organisation sont réels.

  • Les prestations courtes disparaissent ou se regroupent. Un remplacement de deux heures, une ouverture de site, une levée de doute programmée : ces missions doivent désormais être regroupées ou facturées sur une base de six heures.
  • L’événementiel est particulièrement touché. Une prestation de quatre heures sur une soirée se facture désormais six heures par agent.
  • Les plannings à temps partiel sont à revoir. Les vacations d’appoint qui complétaient un contrat court ne sont plus possibles sous six heures.
  • Le risque de rotation sur deux sites augmente. Certains employeurs font tourner un agent sur deux sites dans la même vacation pour atteindre le plancher, au prix de déplacements supplémentaires — avec les effets que cela emporte sur la connaissance des sites.

Notre position

Nous appliquons le plancher de six heures sans accord dérogatoire, et nous ne pratiquons pas la rotation d’un agent sur plusieurs sites dans une même vacation. Un agent qui découvre un site en milieu de service n’en connaît ni les accès, ni les consignes, ni les interlocuteurs.

Concrètement, cela signifie que nous refusons certaines demandes de prestations très courtes plutôt que de les faire tenir artificiellement.

7Ce qu’il faut vérifier auprès d’un prestataire

  • Applique-t-il le plancher de six heures ? Un devis proposant des vacations plus courtes doit s’expliquer.
  • Existe-t-il un accord d’entreprise dérogatoire ? C’est légal, mais cela doit être dit.
  • Comment traite-t-il les coupures ? Une journée à deux vacations avec trois heures de coupure se rémunère sur l’amplitude.
  • L’agent tourne-t-il sur plusieurs sites pour atteindre le plancher ?
  • Le panier est-il correctement traité ? Il suit les heures réellement travaillées, pas les heures plancher.

8Questions fréquentes

Depuis quand la vacation minimale est-elle de six heures ?

Depuis le 1er juillet 2026. L’avenant n° 2 du 3 septembre 2025 a été étendu par l’arrêté du 27 mai 2026, publié au Journal officiel du 5 juin 2026, et prévoit son entrée en vigueur au premier jour du mois suivant cette publication.

La règle s’applique-t-elle aux temps partiels ?

Oui. Le plancher de six heures ne distingue pas selon la durée du contrat. Les publications évoquant un maintien à quatre heures pour les temps partiels sont inexactes.

Que se passe-t-il en cas de coupure dans la journée ?

Si la coupure non rémunérée ne dépasse pas deux heures, les deux temps comptent pour une seule période de travail. Au-delà de deux heures, la rémunération se calcule sur l’amplitude — et ni l’une ni l’autre ne peut être inférieure à six heures.

Une entreprise peut-elle déroger à ce plancher ?

Oui, par accord d’entreprise, car ce sujet relève du domaine où l’accord d’entreprise prime sur la branche. L’accord doit être valablement conclu et respecter les planchers d’ordre public : repos de onze heures, amplitude de treize heures, durée quotidienne de douze heures.

Le panier est-il dû sur une vacation de trois heures payée six ?

Non. L’indemnité de panier suit les six heures de travail effectivement réalisées, pas les heures rémunérées au titre du plancher conventionnel.

Qui n’est pas concerné par la règle ?

Les périodes d’astreinte, les personnels de la sûreté aérienne et aéroportuaire relevant de l’annexe VIII, et les vacations courtes liées à un temps partiel thérapeutique. Les temps de formation, visites médicales et heures de mandat sont également hors dispositif.

Une prestation à dimensionner selon les nouvelles règles ?

Nous appliquons le plancher de six heures sans accord dérogatoire. La visite est gratuite et le devis distingue chaque créneau.

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Secteurs concernés
Chantiers et sites en travauxBureaux et sièges sociauxHôtels et palaces